13: L’église Saint Bernard de la Chapelle et la Chapelle Saint Bruno

Publié le par la Goutte d'Or: Trésor caché de Paris-Nord

 

 

RUE SAINT BRUNO

 

 

 

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Eglise Saint Bernard de la Chapelle 

 

 

 

 

 

L’Eglise Saint Bernard de la Chapelle est située au 11 rue Affre. Au XIXème siècle, les habitants de la municipalité de la Chapelle devaient aller jusqu’au faubourg de Gloire pour assister au culte dans l’église Saint Denys de la Chapelle. Dès 1845, lors de l’expansion industrielle et ouvrière du quartier on souhaita ériger une nouvelle église plus proche. On hésita entre deux projets : le premier, conçu par Lequeux, l’architecte de Notre dame de Clignancourt, prévoyait une église romane. Le second, du à Auguste Joseph Magne (1816-1885), fut retenu. L’église fut bâtie dans le style néogothique. La façade principale de l’église devait être plate. L’église, commencée en 1858, était destinée à la commune de la Chapelle, mais pendant la construction, la Chapelle fut intégrée à Paris. Aussi la municipalité parisienne offrit en cadeau de bienvenue un porche pour l’église, consacrée le 29 Novembre 1861. La façade présente un porche de style flamboyant rehaussé d’arcs en accolade et épaulée par des arcs-boutants. Un clocher, surmonté d’une flèche de 60 mètres de haut domine l’église. Les premières cloches, trop lourdes, ébranlèrent l’édifice et furent transférées à Saint Augustin. On les remplaça par des plus légères. A l’intérieur, la nef, comportant  quatre travées, de bas cotés et de quatre chapelles. Les voûtes reposent sur des croisés d’ogives.  De chaque coté du chœur, les deux retables évoquent des épisodes de la vie de Saint Bernard de Clairvaux et de sainte Geneviève. Des stalles en bois de chêne ont été sculptées dans le style néogothique. Le buffet d’orgue est également de style néogothique et rehaussé de sculptures. 

 

 

 

  

 

  

 

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Ce lieu est devenu au fil du temps, un lieu propice à l’expression populaire. En effet, plusieurs manifestations de différentes époques le montrent.

 

Pendant la Commune (1871), Louise Michel, grande figure de cette révolution, animera dans cette église le Club de la révolution, lieu privilégié de l’expression populaire comme bon nombre de ces clubs dont elle présidait souvent les séances. Elle préconisa un enseignement vivant, des écoles professionnelles et des orphelinats laïques

 

De plus, le 28 Juin 1996, trois cents étrangers en situation irrégulière (en majorité des Maliens et des Sénégalais commencent l'occupation de l'église pour demander leur régularisation. Ils avaient occupé l' Eglise Saint Ambroise à Paris en mars 1996, mais s'en étaient fait expulser. Ils avaient ensuite occupé d'autres lieux de la capitale (le Gymnase Japy, la Cartoucherie de Vincennes, des entrepôts désaffectés de la SNCF dont ils s'étaient fait à chaque fois expulser. Le 23 Août 1996 à l'aube, suite à un arrêté d'expulsion (visant l'occupation de l'église) pris d'urgence, sans que l'expulsion ne soit confirmée par un juge, près de 1 500 CRS sont déployés, pour ouvrir à coups de hache la porte de l'église et évacuent de force les 300 occupants.Jean-Louis Debré - Ministre de L'intérieur ayant ordonné l'expulsion, avait pourtant promis d'agir « avec humanité et cœur ». Ce jour est devenu une date importante dans le mouvement des sans-papiers en France. L'épisode eu un écho international. En novembre 1997, la cour de cassation a rendu un arrêt important concernant l'évacuation de Saint-bernard, jugeant que l'interpellation des personnes sur les lieux et par la suite expulsées était régulière, le fait de manifester publiquement son statut d'étranger est autorisé.

 

 

 

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Chapelle Saint Bruno – Salle Saint Bruno

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Cette ancienne Chapelle, construite en 1880, accueillait durant un quart de siècle les cours de catéchisme de la paroisse Saint Bernard. Aujourd’hui, elle représente le haut lieu de la vie associative et militante du quartier.

 

En effet, l’association « Salle Saint Bruno » est une des « associations mères » du quartier de la Goutte d’Or. Sa création en 1992, résulte d’une concertation entre les habitants, les associations et les pouvoirs publics. A travers ce lieu de rencontres et de mise en relation pour le quartier de la Goutte d’Or, la Salle Saint Bruno a pour objet de promouvoir, conduire et soutenir toute initiative ayant notamment pour but, l’insertion et la promotion sociale et économique des habitants de la Goutte d’Or ou répondant à des besoins précis des habitants. Elle a donc une mission générale de service aux associations et aux habitants de la Goutte d’Or. L’association la Salle Saint Bruno est divisée en trois secteurs. Tout d’abord, l’Accueil, l’Orientation et les Locaux, des services qui sont mis à disposition en échange d’une participation aux frais des locaux, mis à disposition sept jours sur sept pour les associations du quartier et les habitants (fêtes, réunions…). Ensuite, l’Espace Développement Emploi, qui mène des actions en faveur de l’emploi et de l’insertion sociale et professionnelle et qui favorise la création d’activité sur le quartier de la Goutte d’Or. Le dernier secteur correspond à l’Observatoire de la Vie Locale de la Goutte d’Or. Ce centre de ressources a pour vocation d’être un lieu d’information et de production de connaissances sur le quartier ainsi que de formation, de qualification et d’accompagnement au changement des acteurs de la Goutte d’Or.

 

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Le tissu associatif à la Goutte d’Or, riche, dynamique et diversifié, est un acteur très important dans la vie quotidienne des habitants. Plus de 45 associations mènent des activités dans le cadre du développement social urbain.

 

           

 

Les associations de la Goutte d’Or couvrent de nombreux champs d’intervention :

 

- La qualité de vie avec des associations de défense des habitants comme Paris Goutte d’Or

 

- La culture avec des associations telles que la compagnie Graines de soleil.

 

- L’accompagnement social et l’intégration avec le centre social Accueil Goutte d’Or

 

- Les sports et les loisirs menés par les associations l’Espace jeunes Goute d’Or.

 

- L’emploi et l’insertion représentés notamment par la Salle Saint Bruno.

 

La plupart du temps une association n’est pas « monothématique », mais couvre un ensemble de champs. L’association, Les enfants de la Goutte d’Or, est par exemple un club sportif mais propose également des actions autour du périscolaire et des actions en direction des familles pour l’accompagnement à la parentalité.

 

 

 

Les associations de la Goutte d’Or sont très différentes par leur taille, leur rayonnement et leur mode de fonctionnement. Certaines associations fonctionnent avec de nombreux bénévoles et peu de salariés. D’autres associations ont un fonctionnement assez proche d’une petite entreprise, bien que n’ayant pas d’objet lucratif. Elles peuvent avoir plusieurs salariés (jusqu’à 28 personnes pour l’association Espoir Goutte d’Or), et un ou plusieurs locaux d’activités. Le fait d’avoir des salariés n’exclu pas le fait d’avoir recours à des bénévoles pour encadrer des activités comme le fait par exemple l’association Accueil Goutte d’Or. Il faut savoir aussi que les conseils d’administration, organes de décision des associations sont toujours composés de bénévoles, qui habitent souvent le quartier.

 

 

 

L’ensemble des associations de la Goutte d’Or fonctionnent  grâce à des subventions publiques. Le quartier étant considéré comme « quartier prioritaire » les associations peuvent prétendre à des fonds publics réservés. Les principaux financeurs à la Goutte d’Or sont la Ville de Paris, la Préfectures de Paris, la Région, la Caisse d’Allocations Familiales et la Fonds d’Actions et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations.

 

 

 

Au cours de la décennie 80, plusieurs associations se sont réunies en « coordination inter associative » dans le but d’échanger sur leurs pratiques et de monter des projets multi-partenariaux. Cette coordination n’a pas de statut juridique, mais a acquis une légitimité auprès des habitants et des autres acteurs du quartier au fur et à mesure des années et des projets qu’elle a développés. Elle est à l’initiative de la création de la Salle Saint Bruno et de l’organisation de « la Goutte d’Or en Fête » par exemple. Composé initialement de 18 associations, elles sont aujourd’hui une quinzaine à continuer à se réunir régulièrement. 

 

 

 

Pour finir, la Goutte d’Or mais plus généralement le 18ème arrondissement, possède un journal mensuel associatif qui s’intitule « le 18e du mois ».Ce journal, né en 1994, est réalisé par une équipe entièrement bénévole. Son objectif est d’informer ses habitants sur l’actualité du quartier mais aussi de constituer un trait d’union entre citoyens, associations et décideurs.

 

 

 

 

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